Mohamad ACHOUR, Docteur génie civil, Enseignant chercheur ESTP en ville intelligente et décarbonée.






Linkedin, Thèse de doctorat, Researchgate, Google scholar

Lauréat Prix 2018 Jeunes Chercheurs de l'Association Universitaire de Génie Civil

Merci beaucoup d'avoir accepté l'interview


Quel a été votre parcours et pourquoi vous avez fait une thèse ?

Mon parcours universitaire commence à la faculté de génie civil à l’université libanaise, campus El Hadath que j’ai intégrée après un parcours académique Maths et Physique. Il s’agit de quatre premières années où les étudiants sont initiés au monde de la construction avec une spécialité de travaux publics. A cette époque, le monde de la construction de demain m’intéressait beaucoup et mes professeurs m’ont beaucoup encouragé à faire un double diplôme et un doctorat à l’international pour se spécialiser dans un domaine d’excellence en lien avec la construction durable.

A la suite de ces quatre années, j’étais admis à Centrale Nantes dans le cadre d’un double diplôme avec l’université libanaise pour un master recherche intitulé « Matériaux et structures dans l’environnement ». Au cours de cette formation, j’ai développé beaucoup d’intérêt pour tout ce qui traite la construction durable et qui répond aux enjeux de la ville durable de demain. J’ai développé ainsi des compétences de modélisation numérique ainsi de communication orale qui ont enrichi mon parcours académique.

Après avoir fini mon premier semestre, j’ai réalisé mon stage de recherche à l’IUT de Saint-Nazaire au laboratoire GeM. Pendant ce stage, j’ai développé un modèle numérique 3D qui permet de prédire la concentration des agents agressifs (les ions chlorures provenant de l’eau de mer) dans le béton afin d’estimer sa durée de vie en fonction des conditions environnementales. Pendant ce stage, j’ai maitrisé les techniques de recherche et les règles de valorisation scientifique.

Suite à mon stage, j’étais passionné par la recherche et le développement et surtout par les sujets en lien avec la durabilité des ouvrages de demain. La question qui se pose toujours : faut-il construire avec des nouveaux matériaux ? faut-il rénover et retraiter les matériaux ? faut-il réutiliser les matériaux ? comment peut-on construire avec des matériaux durables ? Enfin, réaliser une thèse de doctorat dans le cadre du projet national MODEVIE (modélisation du vieillissement des ouvrages en béton armés) était un réel atout et succès pour moi afin de modéliser le couplage carbonatation-chlorures dans le béton. Pendant ma thèse j’ai développé un modèle numérique de couplage carbonatation-chlorures dans le béton ainsi des essais expérimentaux de mesure des propriétés de durabilité du béton couplés à un modèle théorique pour valider les résultats. C’était une expérience très riche pour moi !

Dans le cadre de ma thèse, j’ai développé beaucoup mon réseau dès la première année. C’est un projet national qui regroupe beaucoup de partenaires experts dans ce métier. J’ai appris à présenter mes travaux, les défendre et améliorer les résultats suite aux échanges constructifs pendant les réunions.


Quel poste occupez-vous aujourd’hui et en quoi votre doctorat vous est-il utile ?

Aujourd’hui je suis coordonnateur pédagogique et enseignant chercheur en ville intelligente et décarbonée sur le campus de Dijon de l’ESTP PARIS. Je suis garant de la formation du cycle ingénieur (contenu et chronologie des modules, qualification des intervenants, accompagnement du responsable des plateformes technologiques dans l’organisation des travaux pratiques…) en lien avec la direction de l’enseignement et de la recherche du campus de Cachan. J’anime des cours, TD, TP et projets en lien avec le monde de la construction. Je développe des activités d’innovation pédagogique (e-learning) et d’apprentissage actif par projet. Je participe à la recherche de l’institut de recherche en constructibilité IRC et à la valorisation scientifique et technique en contribuant aux travaux de recherche de l’équipe « smart city » : quartiers bas carbone et durable, analyse cycle de vie des quartiers, jumeaux numériques, espace publics à réinventer … J’encadre des stagiaires et des doctorants afin de développer ces activités de recherche et les valoriser en participant à des conférences internationales et nationales.

Le doctorat était très important et utile pour moi. Sans ce diplôme, je ne pouvais pas avoir ce poste de travail. Il permet de développer un haut niveau de connaissances, de rigueur, de curiosité scientifique ainsi de créativité dans la recherche et le développement. Le doctorat n’est pas limité, il permet d’en repousser les frontières, de sortir de sa zone de confort et de développer la maitrise de méthodes de raisonnement, d’adaptation et d’expérimentation.


44 vues0 commentaire